|
L'intuition est une faculté naturelle que nous possédons tous, si nous savons et voulons nous écouter. jung fut sans conteste l'un des premiers à mettre en évidence cette faculté spontanée qui nous reconnecte à notre guide intérieur. Claude Darche, dans son ouvrage " Développer son intuition " paru aux éditions Eyrolles,nous aide à nous connecter à cette intelligence spontanée et lumineuse. Elle nous présente ici la thèse de Rupert Sheldrake ,scientifique de renom, sur les champs morphiques.
L’explication des phénomènes intuitifs : un exemple Rupert Sheldrake Par Claude DARCHE Rupert Sheldrake ou la mémoire de l'univers Spécialiste de la biochimie et de la biologie cellulaire, Rupert Sheldrake soutient une thèse qui, à sa manière, rejoint tout à fait la pensée de Jung.
Pour Sheldrake, la mémoire est inhérente à la nature. Les systèmes naturels, tels que des colonies de termites, des pigeons, des orchidées, des molécules d'insuline héritent d'une mémoire collective renfermant tous les phénomènes concernant leur espèce, aussi distants soient-ils dans l'espace et dans le temps : Au fil de sa croissance, une hirondelle vole, se nourrit, lisse ses plumes, migre, se reproduit et nidifie comme l'ont fait toutes les hirondelles avant elle. Elle hérite de l'instinct de son espèce via d'invisibles influences agissant à distance; celles-ci ont pour effet de rendre, en quelque sorte, le comportement d'hirondelles passées, présent en elle.
Elle est formée par la mémoire collective de son espèce, qu'elle contribue à son tour à former... Tous les humains puisent également dans une mémoire collective, qu'à leur tour, ils contribuent à façonner...
Quand des mésanges bleues apprennent un comportement nouveau - voler du lait en arrachant la capsule de la bouteille, par exemple - toutes les mésanges bleues, où qu'elles soient, même hors de portée des moyens de communication normaux, devraient révéler une tendance croissante à apprendre le même comportement.
Lorsqu'une activité nouvelle devient à la mode parmi les hommes, le surf, par exemple, son apprentissage devrait être de plus en plus aisé au fil de temps, pour la simple raison qu'un nombre toujours plus important d individus s'y adonnent..
Ainsi nos habitudes personnelles peuvent-elles dépendre d'influences cumulatives de notre comportement passé, avec lesquelles nous entrons en " résonance ". Ainsi le passé peut devenir présent de manière directe ! Il nous suffit de rentrer en résonance, de nous brancher sur cette mémoire collective- l'inconscient collectif de Jung - pour que se mettent en marche certains phénomènes irrationnels comme l'intuition.
Sheldrake avance l'hypothèse de la causalité formative. Celle-ci suggère que la nature des choses dépend de champs, des champs morphiques.
Chaque type de système naturel possède son propre type de champ ; il y a un champ pour l'insuline, un champ pour le hêtre, un champ pour l'hirondelle etc...
Ces champs façonnent les différents types d'atomes, de molécules, de cristaux, d'organismes vivants, de sociétés, de coutumes et de modes de pensée.
Les champs morphiques, comme les champs connus de la physique, sont des régions d'influence non matérielles s'étendant dans l'espace et se prolongeant dans le temps.
Quand un système organisé particulier cesse d'exister - lorsqu'un atome est désintégré, lorsqu'un flocon de neige fond, ou qu'un animal meurt - son champ organisateur disparaît du lieu spécifique où existait le système.
Mais, dans un autre sens, les champs morphiques ne disparaissent pas : ce sont des schèmes d'influence organisateurs potentiels, susceptibles de se manifester à nouveau, en d'autres temps, en d'autres lieux, partout où et à chaque fois, que les conditions physiques seront appropriées.
Quand c'est le cas, ils renferment une mémoire de leurs existences physiques antérieures. Les travaux de Rupert Sheldrake ouvrent, après ceux de Jung, la voie royale des phénomènes intuitifs : ils éclairent le processus de transmission de l'information entre soi et soi, entre soi et les autres hommes ou entre soi et la nature, sans limite d'espace ni de temps. Par résonance morphique, chacun est capable de se mettre en harmonie avec l'objet de connaissance, consciemment ou inconsciemment, et de communiquer avec le champ d'informations correspondant.
Rupert Sheldrake dans L'Ame de la Nature donne l'exemple des lieux sacrés ! Qui n'a pas une fois dans sa vie ressenti d'étranges perceptions; le sentiment de déjà vu, déjà vécu, dans une église, un temple, ou même à l'étranger dans des lieux particulièrement chargés de mémoire collective sacrée ?
J ai, pour ma part, en Egypte eu la certitude de rentrer en parfaite résonance avec des lieux comme Louxor, Karnak, la vallée des rois et des reines. A l'époque - et le terme ne me semble pas impropre aujourd'hui - je disais que je rentrai en correspondance avec ces lieux, ou plutôt avec l'esprit des lieux. L'événement passé peut, en un sens, redevenir présent et donc agir comme une sorte de porte d'accès à des domaines d'expérience transcendant les limites ordinaires de l'espace et du temps.
Je crois qu'il est important de reconnaître la réalité de ces expériences, de même qu'il est tout aussi essentiel de reconnaître l'authenticité de certaines expériences directes de la nature dans le désert, à la campagne, en forêt, en montagne, en mer, partout où il nous est arrivé de nous sentir avec le monde vivant.
Mais, une fois retourné à notre existence quotidienne, nous avons souvent tendance à minimiser, voire à nier, ces expériences. Comme le dit si bien Sheldrake : Nos expériences directes, intuitives de la nature sont plus réelles que des théories, qui ne suivent jamais que des modes du moment.
|